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Voyant se réduire leurs recettes,
les gouvernements européens et autres prennent des
mesures pour diminuer les dépenses. La culture étant
un domaine de prédilection pour faire des économies,
il appartient donc plus que jamais à ses acteurs de
souligner avec conviction l'importance de leurs institutions
et organisations. Mais, attention, il faut surtout, dans pareil
cas, parler un langage qui fonctionne, le langage qui correspond
à celui des politiques. Point besoin donc de philosopher
béatement sur la nécessité et les bienfaits
de la culture, d'insister vaguement sur la contribution de
la culture à l'intérêt général
et sur son évidente utilité sociale. Il faut
plutôt emprunter aux discours politiques les slogans
pour combattre d'éventuelles tentatives de réductions
budgétaires.
Aussi faudra-t-il insister sur la qualité
de vie des habitants qui est toujours prioritaire et bien
souligner que la vie culturelle s'inscrit dans une démarche
au service de la redynamisation sociale. Ouvrir la culture
à des publics nouveaux et élargir les créneaux
est un argument convaincant à placer absolument dans
un contexte de démarches parfaitement maîtrisées
et en tous points durables. La durabilité est, en effet,
comme 'transport en commun' ou 'écologique' un de ces
mots-miracle qui semblent ouvrir toute porte et libérer
un maximum de fonds publics.
Transformer un projet banalement culturel
en projet éco-citoyen crée de nouvelles chances
et facilite la prise de conscience politique.
Evidemment, on ne parlera plus de démocratisation
de la culture, ce mot n'étant, à lire les textes,
plus à la mode. On parlera plutôt de participation
collective, de projets concertés et pluridisciplinaires
dans la lutte contre l'exclusion, prouvant par là que
les responsables des associations culturelles, dans leurs
comportements responsables, subordonnent leurs activités
à une large consultation.
Une des méthodes pour assurer le rayonnement
culturel est de bien cerner les parties prenantes et d'explorer
les pratiques de production collective et de transmission
des savoirs, faisant des citoyens un ensemble participatif
en plein devenir. Evidemment, toute étude ayant pour
objet d'exprimer les potentiels des sites, de croiser les
aspirations et les désirs du public ne manquera pas
de faire impression.
Et, pour bien ficeler un projet susceptible
de bénéficier d'aides publiques, l'Europe est
un autre de des termes aptes à souligner le sérieux
de la démarche. Il faudra donc insister sur la place
de la culture dans la construction européenne, afin
de faire émerger, dans sa diversité et jusque
dans ses divergences, l'identité culturelle européenne.
Enfin, il ne faut pas manquer de parler du
bienfait des manifestations culturelles pour la mobilité
du public, des artistes et des professionnels de la culture
à l’intérieur et à l’extérieur
de l’Europe. Cela amènera tout décideur
à reconnaître à la fois le potentiel économique
des champs culturels et les bienfaits du dialogue euro-globalisant
dans la construction d’un avenir partagé, en
application totale de l’Article 151.4 du Traité
européen, qui oblige les responsables politiques à
prendre en compte la culture dans toutes ses actions, de façon
à favoriser le respect interculturel et promouvoir
la diversité.
On ne peut donc que recommander aux acteurs
culturels et à ceux du monde musical en particulier
de bien se définir dans la construction d’une
société riche en valeurs de coexistence en soulignant
l'importance de leurs interventions sociales et leur multiactivité
dans le cadre d'initiatives transversales et intersectorielles,
interterritoriales, intergénérationnelles et
autres… Rémy Franck
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